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Animer dehors

Depuis maintenant plus d’un an, nous vivons une crise sanitaire déconcertante. De confinements en couvre-feux, les espaces de socialisation se voient réduits et les inégalités de qualité de vie s’en trouvent évidemment accentuées. De par la rigueur des protocoles sanitaires, certaines structures souhaitent se tourner vers l’accueil de publics en extérieur, où les risques sanitaires semblent diminués. D’autres cherchent à multiplier les possibilités d’espaces de rencontres, d’animation, de socialisation et se dirigent ainsi vers les publics, là où ils se trouvent : en bas des tours, au bord de la rivière, dans le parc le plus proche. Certaines encore imaginent depuis plus longtemps des possibilités d’accueil en milieu extérieur, persuadées de la richesse du dehors dans les apprentissages.

Le jeudi 20 mai dernier a eu lieu une journée d’études sur la thématique Animer dehors.

Depuis l’accueil de loisirs du Calypso à Pornic et son imprenable vue sur mer, une cinquantaine d’animateur·rices s’est retrouvée pour réfléchir à des manières d’animer dehors. Durant la matinée, les participant·es ont fabriqué des objets à partir de végétaux glanés, crapahuté dans les rochers pour réfléchir à la manière d’accompagner la prise de risques, pratiqué des activités manuelles et d’expression sur le bord de mer, résolu des problèmes pour lancer des fusées à eau plus haut, ou encore parcouru le sentier côtier à la découverte du littoral.

Les temps de pratique et d’échanges ont permis de nommer les enjeux d’être dehors avec nos publics, puis de soulever les leviers et questionnements générés par l’idée d’animer dehors. Quelques témoignages auront enfin illustré des façons d’animer dehors, des manières de se former et des moyens de travailler en réseau.

Comme nous l’écrivions dans la Charte du dehors, passer du temps dehors est bénéfique tant d’un point de vue de santé mentale que physique. Il permet également plus de liberté de mouvements et d’action au sein d’un espace vaste.
Si la quasi-totalité des activités d’intérieur est transposable dehors, l’inverse n’est pas toujours vrai. Après tout animer dehors, ne serait-ce pas la même chose qu’animer dedans, mais sans les murs, avec plus de matières, de volumes, de formes à disposition ?
Dehors, les interactions entre les individus sont agrémentées des éléments qui les entourent (la terre, les branches, le trottoir, le vent, le soleil, etc.) : des situations problématiques apparaissant dans l’environnement sont de belles occasions de s’expérimenter à les résoudre, seul. e ou à plusieurs.
En parallèle, en étant dehors, les personnes ont l’occasion de développer un rapport sensible à l’environnement qui les entoure, ce qui s’avère être une base indispensable au désir de connaître et protéger son environnement.

Mais alors, pourquoi y a-t-il parfois des réticences à animer dehors ?

La crainte de mal faire, le mythe du « tout contrôle », une pratique d’autocensure en lien avec des contraintes législatives fantasmées ou méconnues ont mené à une trop grande aseptisation progressive des pratiques.
Par ailleurs, l’inconfort du milieu extérieur lorsqu’on est mal équipé·e, le regard des parents qui désirent récupérer leurs enfants « propres », la crainte de l’accident, de petites bêtes, la méconnaissance du milieu naturel, l’illusion de dangers sont autant d’éléments qui peuvent ressortir dans les inquiétudes des encadrant·es.

Durant la journée d’étude, ces freins se sont accompagnés d’idées foisonnantes pour y pallier, ou encore de démarches tâtonnantes pour se lancer petit à petit à animer dehors.
Continuer à se former à la pratique d’activités, dedans ou dehors, semble être une envie partagée. Apprendre à s’équiper en extérieur, peaufiner la question de la communication aux parents, travailler en équipe pour sortir, affiner sa connaissance de la réglementation sont autant d’axes de travail imaginés.
Aménager les espaces extérieurs pour donner des repères, permettre de s’abriter, donner envie, être rassurant pour les publics accueillis semble être un levier important aux yeux des encadrant·es.
Pratiquer, se tester, se rendre dehors pour s’y sentir de mieux en mieux et offrir un cadre des plus agréables aux publics que l’on accueille : voici un des objectifs dans l’actualité de bon nombre de structures.

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