Des émissions de radios pour parler pédagogie

Le groupe de stagiaires du DEJEPS Développement Partenariat Territoire et Réseaux a travaillé début septembre autour des courants pédagogiques. La retransmission de l’état des recherches s’est réalisé via la création d’une émission radio. L’occasion de se tester, et s’expérimenter à la réaliser à ce support.

L’idée d’utiliser la radio dans le monde de l’éducation n’est pas nouvelle !

Déjà en 1938, Janus Korczak, pédagogue polonais, animait une émission de radio « Les parlottes du vieux docteurs ». Elle s’intéresse aux enfants, et souhaite s’adresser tant aux parents dans un objectif de compréhension des enjeux de la jeunesse, qu’aux enfants directement dans un objectif éducatif. J. Korczak est convaincu que la radio représente un outil d’une grande importance : « La radio rendra ses auditeurs paresseux ou les poussera à l’effort (…). On n’a pas le droit à l’erreur, l’enjeu est important. La radio formera-t-elle un homme-enfant sensible, confiant et sincère ou, définitivement, un homme-loup ? ». Il réalisa des émissions de radio à destination des enfants, puis des jeunes avant l’invasion de la Pologne par l’armée nazie.

J. Korczak a réfléchi sa pratique, qu’il théorise dans certains de ses écrits. Ainsi il défend l’idée qu’il ne faut pas adapter son vocabulaire pour s’adresser aux enfants, mais être bref, franc et affectueux. Il laisse également une belle part à l’implicite, souhaitant pousser son auditoire à la réflexion.

D’autres se saisiront également de cet outil pour s’adresser à des parents. C’est le cas de D. Winicott à Londres après la seconde guerre mondial, ou encore de Dolto en France.

Au-delà de cette approche, où des éducateurs.trices s’adressent à leurs publics, dans une dynamique d’éducation populaire, la radio est régulièrement l’occasion pour des personnes concernées de prendre la parole, et de se faire entendre.

Ce fut le cas par exemple de Radio Lorraine Coeur d’Acier. Radio pirate mise en place par la CGT pendant des luttes sociales, elle émettait quelques heures par jour à Longwy-Haut. Cette radio ne donnait pas la parole qu’à des syndicalistes, la parole était donné à tou.te.s : ouvrier.e.s, militant.e.s de quelques horizons politiques que ce soient (seul l’extrême-droite était interdite). L’expérience a duré un peu plus d’un an.

Ou encore à Buenos Aires, où une autre émission se met en place dans les années 90. La Colifata est animée tous les samedis par les patients d’un grand hôpital psychiatrique de la ville. Elle est pensée comme une fenêtre ouverte sur l’univers psychiatrique. Cette radio est l’occasion de donner la parole à des personnes que l’on entend pas, ou trop peu sur leurs vécus, leurs visions du monde, etc. « Nous sommes les seuls fous à parler à la radio, si vous en entendez d’autres, ce sont des martiens », ainsi s’exprime Diego, l’un des pensionnaires de l’hôpital Borda, sur les ondes argentines.

Donc en formation DEJEPS...

Un temps (trop ?) court en formation pour réaliser ces émissions de radio, deux demi-journées, ont permis une première manipulation, et un premier travail. Ce temps faisait suite à une recherche de groupe autour d’un des courants suivants :

  • pédagogie sociale ;
  • pédagogie des opprimés ;
  • pédagogie institutionnelle ;

Chacune de ces émissions a fait l’objet d’une écoute collective en formation. En petites tables, autour d’un café, d’un thé et de quelques biscuits, chacun.e était invité.e à écouter puis à échanger sur les contenus de l’émission.

L’une de ces émissions a déjà été diffusé sur JetFM : http://jetfm.fr/site/La-pedagogie-d...

Pour l’ensemble des émissions produites, vous les trouverez ici : https://nuage.cemea-pdll.org/s/YQfz...

Bonne écoute,

Et quelques pistes de ressources concernant la radio :

  • « Les parlottes du Vieux Docteur » à la radio polonaise de Lydia WALERYSZAK
  • Radio « La Colifata », Un film de Pierre Barougier, Chloé Ouvrard
  • Lorraine coeur d’acier (bande dessinée)
  • « Janusz korczak la parole est aux enfants » (émission de radio France Culture)