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Édito : Les jeunes (de France, d’Angleterre ou d’ailleurs) un problème ou un espoir ?

L’été bat son plein, les bourses s’effondrent. De loin on pourrait penser à un problème de riches si ce n’est que les répercussions risquent bien d’être collectives et viser de plein fouet les classes les plus précaires.

Pour compenser l’agressivité des effets de la politique libérale, on pourrait espérer une politique volontariste vis à vis des plus précaires et en particulier des plus jeunes. Mais le gouvernement actuel n’a pas de politiques pour l’emploi des jeunes, pour leur éducation, et encore moins pour les loisirs, la culture ou pour leur place dans la société. Du moins pas de politiques qui visent leur émancipation, leur autonomie, leur développement.

À cette situation désespérante, exaspérante la réponse est toujours et encore plus de répression. La loi de prévention de la délinquance de 2007, les lois LOOPSI 1 et 2, la suppression du Défenseur des enfants avec au passage l’installation du terme juridique « mineurs » à la place du terme pédagogique « enfants », le resserrement de la Protection Judiciaire de la Jeunesse sur le « pénal », et aujourd’hui le nouveau Code Pénal des mineurs en procédure de vote accéléré. Suppression du Juge des enfants, encore plus de pénalisation des actes, régression massive du principe d’ éducabilité… Mineurs et jeunes, voici la nouvelle classe dangereuse ! Alors que les politiques menées sur l’emploi, la fiscalité, l’économie, fabriquent chaque jour plus d’exclus, la façon trouvée pour en traiter certaines des conséquences sur les plus fragiles est simple et unique : la répression accrue.

Les CEMEA n’ignorent pas le besoin pour certains jeunes de cadrages, de rappel à la règle et parfois de sanction. Mais pas à la façon unique du Père Fouettard, pour une société de l’ordre qui vise à toujours plus protéger quelques uns pour contraindre le plus grand nombre. Ce n’est pas comme cela que l’on fait avancer l’idée d’une société plus partagée, prenant plus chacun et chacune en considération.

Les situations de violence extrême que peut connaître ces derniers jours l’Angleterre sont là pour nous rappeler l’urgence de la situation. Mais l’urgence ne peut pas être traitée par la simple politique répressive que l’on applique (tout en la développant) depuis plusieurs décennies. Il y a des questions éducatives, des problématiques politiques de fond qui méritent d’être traitées.

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