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Les lendemains pas si simples...

Au niveau du champ d’actions des CEMEA, l’actualité est intense : évolution du budget du ministère de la Jeunesse et Sports, emplois avenir, refondation de l’école et rythmes sociaux.

Même si nous avons lutté contre le gouvernement de Sarkozy, nous devons aujourd’hui rester vigilant et ferme

Nous devons avoir une posture associative claire dans notre relation aux pouvoirs publics. Cette posture se construit dans une relation historique complexe. La loi de Chapelier de 1791 interdit le droit de s’associer. L’association qui remet en cause la décision républicaine (légitimée par le vote citoyen) est anti-démocratique. L’association autonome remet en cause la souveraineté républicaine. Bien évidemment il faut remettre le contexte avec des mouvements importants contre-révolutionnaires organisés par l’Aristocratie et le clergé.
De la même façon en 2008 plusieurs mouvements (Francas, Cemea, Ligue de l’Enseignement...) manifestaient contre le ministre de l’Éducation National Darcos , suite à des baisses de subvention. Ce dernier répondait : « Je ne vais pas financer des associations qui manifestent sous mes fenêtres » Et bien il convient de lui répondre le contraire. Car si on écoute Darcos cela signifie qu’il y a bien une instrumentalisation complète des associations par les pouvoirs publics ! Celles-ci doivent garder un esprit critique, une liberté de positionnement quelque soit la couleur des pouvoirs publics, quelque soit les liens affinitaires que peuvent avoir certaines associations ou certainEs de ses membres...

Depuis la mise en place du Gouvernement Hollande nous ne pouvons qu’évoquer notre satisfaction dans la reconnaissance institutionnelle de nos associations et mouvements. Cela a commencé par s’inscrire dans le noms du ministère de la Jeunesse et Sports en inscrivant aussi les noms de « vie associative » et « éducation populaire » ! Cela se traduit par plusieurs rencontres ministérielles, par de réels espaces de concertations. Mais cela ne suffit pas : la situation de « notre » société nécessite des actes concrets.

Le Budget du Ministère Jeunesses et sports
La présentation du budget 2013 pour le programme « Jeunesse et Vie associative » met en valeur une progression de + 6.7 % par rapport à 2012, pour atteindre un montant total de 245.5 M€ (contre 230 M€ dépensés en 2012). Cette augmentation est toutefois à nuancer selon les différentes actions et sous‐actions du programme. Cette augmentation significative est essentiellement absorbée par le service civique, dont la montée en puissance va se poursuivre en 2013, avec le recrutement de 30 000 volontaires en 2013 (pour un budget global de 134 M€), contre 20 000 en 2012 (160 M€). Par contre les Actions en faveur de la jeunesse et de l’éducation populaire connaissent en 2013 une baisse de l’ordre de ‐ 5.8 % !

Cf le document sur l’analyse du CNAJEP du Budget sur la jeunesse.

Emplois avenirs
Nous avons été associés au cours de l’été à des échanges autour de ces emplois. Le projet (en terme d’embauche) est ambitieux. Sur la Région Pays de la Loire il vise 5000 emplois dont 4000 dans des associations. La durée et le niveau de prise en charge répond à la situation d’urgence. Néanmoins nous avons été critiques sur deux aspects :

  • L’absence de formation (critère de recrutement) risque de ne pas permettre de répondre positivement pour beaucoup d’associations. Il y a parfois des raisons juridiques (comme dans le milieu du sport) ou des associations qui nécessitent des postes avec certaines autonomies
  • Le projet de loi ne prévoit rien en terme d’accompagnement et de tutorat. Or accueillir une personne sans diplôme, sans expérience dans la vie associative nécessite d’être fortement accompagné.
  • Le projet ne prévoit pas le financement de la formation. Certains représentants de l’Etat (lors de la Conférence des Acteurs de la Jeunesse, le 23 octobre dernier) disaient même que c’était de la responsabilité des partenaires sociaux (syndicats d’employeurs et de salariés). Il convient de rappeler que si les fonds de la Formation Professionnelle (OPCA) s’organisent de manière paritaire, les fonds eux sont décidés par l’Etat !

Néanmoins il convient certainement de réussir cette ambition en terme d’emploi. Mais il convient aujourd’hui à l’Etat, aux collectivités en fonction de leur champ de compétences (la Région pour la formation) de répondre aux défis auxquels ne pourront répondre les seules associations.

Cf communiqué du CNAJEP sur les emplois avenirs

La refondation de l’école et la formation des enseignant-es
C’est pour nous un axe fondamental. L’enseignant-e n’a pas besoin seulement d’un savoir mais aussi de réfléchir aux questions pédagogiques (relations avec les enfants/jeunes, organisation de la classe, des apprentissages...) Il semble évident que la « mastérisation » construite par le Gouvernement Sarkozy ne répond pas à cet objectif. La création des ESPE (Écoles supérieures du professorat et de l’éducation) doit aller dans ce sens. Dans ce cadre nous devons pouvoir intervenir avec un apport spécifique des CEMEA s’appuyant sur notre positionnement comme mouvement d’éducation populaire et d’éducation nouvelle, développant d’autres pratiques éducatives et pédagogiques complémentaires aux projets de l’École. Cette intervention dans le champ de la formation des enseignant-es doit se faire en lien et en complémentarité avec le service public de la formation des enseignant-es.

http://collectif-cape.fr/content/le-cape-d-bat-au-salon-europ-en-de-l-ducation

Les rythmes sociaux
Une réforme difficile. Même si nous ne connaissons pas encore tous les contours de la réforme (déclaration à cet effet le 22/11/2012) nous pouvons dores et déjà repérer quelques difficultés et quelques enjeux :

  • Une journée (dans ce qui s’annonce) quasiment aussi longue ?
  • Une ½ journée supplémentaire le mercredi matin au lieu du samedi matin
  • Quelles perspectives pour les animateurs/trices travaillant le mercredi matin
  • Des temps en fin d’après midi sous la responsabilité des villes : quelles réponses, quelles égalités territoriales... ? Le secteur marchand est quant à lui prêt... Véolia commence à faire des propositions...
  • Quelles reconnaissance de l’éducation non formelle comme un réel champ éducatif ?

Beaucoup de questions et peu de temps pour y répondre. Un réel défis pour les collectivités, les associations sportives, culturelles, socioculturelles... 10 mois... De toute évidence cet objet sera central dans les mois à venir et va nécessiter la mobilisation de tous et toutes.

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