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Résister, Mobiliser, Construire

Le mois de Juin est la période classique des Assemblée Générale. Loin de nous l’intention de toutes les énumérer. On peut, ne serait-ce que signaler et parler, des assemblés générales de deux collectifs : le CRAJEP (Comité Régional des Associations de Jeunesse et d’Éducation Populaire) le 21 Juin et la CPCA (Conférence Permanente des Coordinations Associatives) le 29 Juin dernier.

Pour le CRAJEP, cette assemblée générale est l’occasion de rappeler la nécessité, l’utilité sociale de l’éducation populaire. A l’heure où le CREPS, Centre d’Éducation Populaire et de Sport, se transforme en Centre de Ressource pour l’Excellence Sportive ; il est plus que nécessaire de rappeler certains principes !!!
L’éducation populaire participe à la transformation sociale par la mise en œuvre de démarches spécifiques ayant pour objectif d’améliorer la qualité de vie des personnes, l’appropriation par les personnes de leur vie tant dans leur quotidien et dans les questions politiques d’une manière générale.
Le CRAJEP dans son projet d’orientation adopté en 2010 dit que « Sur cette base, les AJEP réaffirment leur souhait de participer à travers, l’expertise des habitants, l’expérimentation et l’innovation de l’intervention sociale, au développement d’une citoyenneté active pour les enfants, les jeunes et les adultes. A cet effet, elles représentent par la vie associative qu’elles recouvrent, de véritables espaces d’engagement des jeunes et des habitants. Elles sont des lieux de promotion et de participation citoyenne, elles portent de véritables projets sociaux, éducatifs et culturels, contribuant ainsi au
développement local durable. »

L’assemblée générale du CRAJEP, comme celle de la CPCA, a été l’occasion de rappeler aussi les grandes difficultés que rencontrent nos associations dans le contexte social et politique actuel. Les effets de la situation économique sont amplifiés par une politique sociale qui atteint certains paroxysmes. Les CEMEA mais comme l’ensemble des Associations de Jeunesses et d’Éducation Populaire voient leurs projets menacés, et parfois même leur existence :

  • Contexte de fragilisation financière
  • Glissement avéré vers la commande publique
  • Mise en concurrence exacerbée
  • Paysage institutionnel incertain

Le rapport moral de la CPCA rappelle que les associations n’ont jamais été aussi malmenées que ces dernières années. Dans ce rapport on cite :

  • La réforme de la collectivité territoriale (seules les communes conservent la clause de compétence générale, réforme de la fiscalité des collectivités et baisse de leurs autonomies financières)
  • La législation européenne avec la directive service, qui renforce les logiques de concurrences sur plusieurs champs d’activités. Cette évolution n’est pas stabilisée.
  • La diminution drastique et sans concertation des emplois aidés

Nous vivons dans un contexte de suspicion vis à vis des associations. Les associations ne vivraient que des subventions et à ce titre représentent un réel poids dans la dette des collectivités et de l’État. Derrière cette suspicion, nous avons un discours populiste, sans aucune analyse, comme dans tous les discours populistes d’ailleurs. C’est oublier que la subvention permet souvent de répondre à un service social, à une utilité sociale (centre de loisirs, accompagnement à la scolarité, rencontres interculturelles, espaces de paroles...) C’est oublier que le secteur marchand n’est pas moins aidé par l’État ou les collectivités. Le secteur marchand, quant à lui bénéficie de larges exonérations fiscales... On pourrait revenir à titre d’exemple sur les aides qu’a pu recevoir le secteur de l’automobile ces dernières années.
Si on prend le budget des CEMEA Pays de la Loire. Effectivement globalement nous recevons 280000 euros de subvention ! Mais nous recevons des subventions au regard de missions d’utilité sociale (accueil de jeunes lycéens sur le festival d’Avignon, organisation de festival autour de la lecture, organisation de rencontres internationales de jeunes, accueil de jeunes animateurs en situation de handicap....) mais nous versons au titre des charges sociales 350000 euros ! A ce titre nous contribuons au collectif et ainsi à la mise en œuvre de service public de qualité...
Et oui les associations contribuent à la vie sociale et économique. Lors de l’assemblée générale de la CPCA il a été rappelé cette réalité économique : l’emploi dans le secteur associatif a progressé depuis 2005 de 17% !

Dans ce contexte nos associations, mouvements doivent travailler à leur propre projet, à maintenir, affiner, affirmer leur propre identité, leurs ambitions militantes. Mais dans ce contexte nos associations doivent aussi jouer le jeu du collectif afin à la fois d’optimiser l’impact de nos revendications et aussi de faire en sorte qu’elles soient le plus possibles représentatives de notre diversité.

Régis Balry
Pour les CEMEA Pays de la Loire

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