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Vers un grand projet national de la jeunesse et de l’enfance

Au quotidien, nous travaillons, innovons, cherchons des solutions concrètes pour la réussite, l’épanouissement des enfants et l’émancipation des jeunes.

Cela représente une chance et des compétences, une énergie et une capacité d’initiatives à mobiliser, indispensables à tout changement. Malgré notre engagement sur le terrain, des inégalités territoriales, sociales et de genre, insupportables, subsistent dans l’accès aux savoirs et à la formation ! Nous les refusons !

Nous refusons aussi les reculs considérables qui sont annoncés. Nous refusons le statu quo ! Nous refusons les querelles stériles opposant savoirs, compétences et méthodes, sur la hausse ou la baisse du niveau des élèves ou sur le refus de l’autorité. Nous refusons la mise en concurrence comme perspective et le pari sur les logiques des rivalités individuelles et collectives.

Nous voulons activer, au contraire, toutes les coopérations et solidarités possibles.

Nous voulons et nous pouvons nous appuyer, pour le transformer, sur le service public laïque d’éducation de la maternelle à l’enseignement supérieur et sur ses personnels, sur le secteur de la petite enfance en pleine mutation vers un véritable service public. Nous voulons évaluer les expériences éducatives qui fonctionnent et les promouvoir. Nous voulons et nous devons nous appuyer sur la mobilisation des parents dans une démarche de coéducation, sur tous les acteurs de l’éducation populaire, du champ culturel et sur les travailleurs sociaux, mais aussi sur les jeunes eux-mêmes.

Nous pouvons nous appuyer sur des communes, des départements et des régions assumant la priorité à l’éducation et engagés dans des démarches de “territoires apprenants” ou de “villes éducatrices” et mobiliser tous les acteurs du monde économique et leur potentiel de formation et d’insertion en relation avec le service public.

Le 21ème siècle sera celui de la combinaison de l’éducation formelle, informelle et non formelle, celui du développement des connaissances, des informations disponibles et des moyens de communication. S’ajoutant aux inégalités sociales, les premières inégalités seront celles de l’accès à toutes ces sources de culture et celles de l’appropriation de ces outils de communication. La capacité à créer, à innover, à imaginer doit être favorisée dans les politiques nationales et locales d’éducation formelle et informelle, de culture et de soutien aux pratiques artistiques et sportives, d’information, de formation et de recherche, de soutien à la vie associative.

Le 21ème siècle sera celui du développement durable et nous affirmons l’urgence de la mise en oeuvre d’une éducation à l’environnement et au développement durable accessible à tous, permettant de s’impliquer dans la vie de son territoire et qui donne les moyens de prendre des initiatives et d’agir avec les autres.

Le 21ème siècle devra aussi être celui de la réconciliation entre perspectives individuelles et collectives, entre épanouissement personnel et intérêt général, entre diversité culturelle et unité, celui du renforcement de la démocratie et de la construction d’une société du mieux être, du mieux vivre.

Tout projet national pour l’éducation et la jeunesse devra intégrer ces données en partie nouvelles. Il devra garantir le droit individuel à l’éducation, la formation et la sécurité professionnelle tout au long de la vie. Nous avons la responsabilité et le devoir de préparer progressivement les enfants et les jeunes à être des acteurs conscients, responsables et critiques de ces évolutions et de la construction de leur avenir. Nous avons la volonté de les consulter et les associer au sujet des projets qui les concernent. Nous proposons donc une véritable politique publique de l’éducation à la hauteur des enjeux démocratiques du 21e siècle et nous appelons la Nation à se mobiliser pour les moyens de sa mise en œuvre. En effet la France est loin du compte pour la part du PIB consacrée à l’éducation et la jeunesse. Nous proposons dans cet appel de Bobigny des perspectives concrètes et positives pour l’éducation, dès la petite enfance, autour de 5 objectifs prioritaires et d’un ensemble de propositions qui sont la base d’un grand projet national pour l’enfance et la jeunesse.

Cinq objectifs prioritaires

  • Garantir dans le respect de la laïcité le Droit à l’éducation pour chacun et pour tous et donc l’équité dans l’accès à l’éducation et la formation ; refuser toute discrimination, en dépassant le droit formel à l’égalité des chances.
  • Définir un projet éducatif global ambitieux pour l’enfance et la jeunesse sur tous les temps et les espaces éducatifs et sociaux articulant éducations formelle, informelle et non formelle, dans un processus de formation tout au long de la vie s’appuyant sur une formation initiale solide.
  • Promouvoir la coéducation, la coopération éducative de tous les acteurs, garantir la place et les droits des parents, des enfants et des jeunes.
  • Mobiliser avec ce projet éducatif global toutes les ressources éducatives des territoires et de l’école, à travers l’articulation des objectifs nationaux avec les projets éducatifs des établissements d’enseignement et des institutions culturelles publiques, et ceux des territoires.
  • Garantir à tous les jeunes, à l’issue de la scolarité au collège, la maîtrise évaluée des éléments (connaissances, compétences, savoirêtre et savoir-faire) indispensables à l’accès et à la réussite dans les enseignements diversifiés du lycée et à l’objectif de 0 sortie du système éducatif sans qualification reconnue, à l’accès à la citoyenneté.

Nous voulons ainsi préparer l’avenir et contribuer à construire sur le plan national une perspective éducative globale qui fait défaut aujourd’hui. Nous lançons cet appel à la Nation et à ses responsables politiques pour un grand débat national et des engagements solennels avant les échéances nationales qui détermineront l’avenir.

Nous soumettons au débat cet ensemble de propositions transversales sur les enjeux majeurs, comme première contribution au projet national pour l’enfance et la jeunesse et à l’élaboration de la loi d’orientation et de programmation pluriannuelle indispensable à sa mise en œuvre...

Lire la suite, sur le site du Réseau français des villes éducatrices.

REMARQUES, SOUTIENS, SUGGESTIONS : blog participatif sur http://www.mediapart.fr et appeldebobigny gmail.com

Cet appel est signé par 42 organisations.

Voici la liste des organisations signataires : l’association de la Fondation étudiante pour la ville (AFEV), l’association nationale des acteurs de la réussite éducative (ANARE), l’association nationale des directeurs de l’éducation des villes (ANDEV), ATD Quart Monde, les Centres d’entraînement aux méthodes d’éducation active (Céméa), la Confédération française démocratique du travail (CFDT), la défense des enfants internationale (DEI) - France, la fédération de l’Office Central de la Coopération à l’école (OCCE), la fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE), la fédération nationale laïque de structures et d’activités éducatives, sociales et culturelles (Francas), la Fédération Syndicale Unitaire (FSU), la fédération des Syndicats Généraux de l’Éducation Nationale et de la Recherche publique (SGEN-CFDT), la Fédération UNSA-Éducation, les inter-réseaux des professionnels du développement social urbain (IRDSU), la Ligue de l’enseignement, le Réseau français des villes éducatrices (RFVE), le syndicat des enseignants (SE-UNSA), le syndicat national unitaire des instituteurs, des professeurs des écoles et PEGC (SNUipp), l’union nationale des syndicats autonomes (UNSA), l’association de la promotion des initiatives sociales en milieux éducatifs (PRISME), l’association pour favoriser l’égalité des chances à l’école (apfEE), le cercle de recherche et d’action pédagogiques (CRAP - Cahiers pédagogiques), le comité pour les relations nationales et internationales des associations de jeunesse et d’éducation populaire (CNAJEP), la confédération générale du travail (CGT), la fédération CFDT des syndicats de la formation et de l’enseignement privé (Fep-CFDT), la fédération des associations régionales des Oeuvres éducatives et de vacances de l’éducation nationale (AROEVEN), la fédération des délégués départementaux de l’éducation nationale (DDEN), la fédération des pupilles de l’enseignement public (FGPEP), la fédération française des maisons des jeunes et de la culture (FFMJC), la fédération Léo Lagrange, la fédération nationale des centres musicaux ruraux (FNCMR), le groupe français d’Éducation nouvelle (GFEN), l’institut coopératif de l’école moderne (ICEM) - Pédagogie Freinet, la jeunesse au plein air (JPA), le mouvement rural de jeunesse chrétienne (MRJC), le syndicat de l’éducation populaire (SEP-UNSA Éducation), le syndicat national de l’éducation physique (SNEP), le syndicat nationale des enseignements de second degré (SNES), le syndicat national unitaire de l’enseignement professionnel (SNUEP), l’Union nationale des étudiants de France (UNEF), l’Union nationale lycéenne (UNL), et la confédération syndicale des familles (CSF).

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