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Lancement régional des semaines de la solidarité internationale

Le 6 Novembre dernier, à l’hôtel de région, étaient lancées les semaines de la solidarité internationale. Après la projection du film « La fin de la pauvreté » de Philippe Diaz nous avons pu échanger sur la coopération internationale, ses valeurs et les conditions de sa mise en œuvre. Cette journée a regroupé près de 100/150 personnes, avec au niveau des mouvements d’éducation populaire la présence des FRANCAS et des CEMEA.

Nous avons pu échanger autour des différents objectifs du Millénaire, en lien avec le film, sur la réduction de l’extrême pauvreté. Mais l’échange a été au-delà et a permis de questionner, de ré-interroger nos pratiques. Elles ont entre autres porté sur les points suivants :

  • L’impact environnemental de nos actions de solidarité. La Région dans le cadre de la coopération décentralisée défend une majorité de projets autour de constructions. Se pose la question de leur impact environnemental. Quels matériaux utilise t-on ? Nos matériaux d’occident ? Et donc importés ?...
  • La question des discriminations dans les projets que nous conduisons et plus particulièrement la place des femmes ? Comment intervenir (ce qui ne veut pas dire : ne pas intervenir) dans des projets, avec des partenaires où les femmes n’ont pas les mêmes droits politiques, économiques ? Cela a été aussi l’occasion de s’interroger sur notre posture. De quels droits pouvons nous interpeller nos partenaires sur ces questions ? Qu’en est il chez nous de ces questions de discriminations ?
  • La question de la participation citoyenne, seul moyen d’être sûr que le projet ne soit pas l’instrument d’une élite politique ou économique mais réellement au service de la population.

Ces échanges fructueux ont été aussi l’occasion pour nous CEMEA d’interroger la question de la citoyenneté là-bas mais aussi ici. Effectivement l’assemblée présente était majoritairement d’un âge au-dessus de 50 ans. On peut aussi (et ce n’est pas seulement parce qu’il y avait le même jour une manifestation contre la réforme des retraites) penser que les classes les plus populaires n’étaient pas représentées sur cette journée. Dans ces propos il n’est pas question de reprocher aux personnes présentes d’être là et actives. L’enjeu est de questionner l’absence massive des jeunes et plus particulièrement des jeunes de classes populaires. Nous avions déjà eu ce débat lors de l’université d’été de la solidarité internationale à Nantes (du 2 au 5 Juillet 2008, organisé par le CRID, centre de recherche et d’informations pour le développement) Nous réfléchissions sur l’absence massive des jeunes et plus particulièrement des jeunes issus de l’immigration dans la solidarité avec la Palestine. Nous y intervenions avec Génération Palestine...

Se poser cette question, c’est poser la question de l’engagement et de ce qui détermine, ce qui permet, ce qui construit un engagement. Question essentielle pour nos mouvements d’éducation populaire.

Nous devons dans un premier temps pousser les collectivités à prendre plus conscience de ces enjeux. Quel sens peut avoir une politique de coopération décentralisée si elle ne se construit pas en lien étroit avec d’autres services et pas seulement celui des jumelages ; mais aussi ceux de l’éducation, de la jeunesse...
Dans un deuxième temps nous devons favoriser et participer aux actions de sensibilisation. A noter entre autres que lors de ces semaines de solidarité internationale ce sont près de 1000 lycéens qui verront le film « La fin de la pauvreté ». Mais nous devons aller au-delà. Nous devons proposer et mener une politique globale qui permette la construction dans le temps de prises de consciences et de mettre en acte la solidarité internationale.
L’enjeu dans un premier temps est bien d’intégrer la dimension interculturelle dans le parcours éducatif de tout citoyen dès son plus jeune âge, de lui offrir des possibilités d’apprentissage de l’altérité tout au long de sa vie pour lui permettre d’acquérir des compétences interculturelles. Dans un deuxième temps l’objectif est de concrétiser des actions d’échanges, de solidarités...
Cette démarche globale doit comporter plusieurs étapes :

  • Sensibiliser et réfléchir ici, avec au début ses propres représentations
  • Provoquer la rencontre ici. L’interculturel existe ici (être conscient de sa propre culture, de ses références et entre dans un dialogue réel pour pouvoir construire ensemble des expériences, des perspectives.)
  • Voyager et aller à la rencontre. Rencontrer est un art qui s’apprend et nécessite une réelle démarche pédagogique.
  • De la rencontre qui se pérennise, construire des actions de solidarités

Certains jeunes ont la chance de vivre ces expériences. Certains d’entre eux dans le cadre familial... Mais il est fondamental de permettre à tous les jeunes, de toute classe sociale, de pouvoir vivre de telles expériences. C’est une condition essentielle pour que la coopération internationale ait un sens politique partagé !

Régis Balry

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